Après le greenwashing, le greatwashing ?

Après le greenwashing, le greatwashing ?

17/10/2019

Après le greenwashing, le greatwashing ?

Avant, on parlait de conditions de travail, uniquement. Aujourd’hui, la notion de bien-être est entrée dans la sphère du travail.

La législation française donne d’ailleurs obligation à l’employeur de préserver la santé physique et mentale de ses salariés. Au-delà de la prévention des risques, il s’agit désormais de prendre en compte le bien-être des salariés dans sa globalité. Comment ? Et bien, en créant par exemple des espaces détente, en favorisant la convivialité avec des open-spaces, en proposant des ateliers de sophrologie, voire en investissant dans des baby-foots… Pourquoi ? Tout simplement car un salarié heureux est un salarié performant. Finalement, tout le monde y gagne !

On parle alors de bonheur au travail, surprenant non ? L’institut américain Great Place to Work publie même un palmarès annuel des entreprises qui s’investissent le plus dans la recherche d’une meilleure qualité de vie au travail.

Deux universitaires, Jean-Christophe Vuattoux (Université de Poitiers) et Tarik Chakor (Université Grenoble-Alpes), dénoncent cependant dans leur étude l’apparition du « greatwashing ». En gros, l’argument du bonheur au travail est devenu pour certaines entreprises un élément de langage... tout comme l’affichage de valeurs environnementales n’est pour certaines entreprises que du greenwashing !

Car, le bonheur en soi n’est pas une valeur mesurable et son ressenti est propre à chaque individu. Vanter les moyens mis en œuvre pour favoriser le bien-être du salarié, n’est-ce pas se dédouaner et faire porter sur ce dernier la responsabilité de son propre bonheur/malheur ?

Si les moyens utilisés pour favoriser le bien-être au travail peuvent avoir quelque efficacité, ils deviennent surtout des thèmes de communication institutionnelle. Il est aujourd’hui de bon ton de s’afficher comme une entreprise humaniste soucieuse du bien-être de ses collaborateurs, notamment pour travailler sa marque employeur... Mais attention à l’effet boomerang si le message est infondé !