Le marketing digital, serait-il arrivé à saturation ?
La quête insatiable de présence tous azimuts, entre newsletters à répétition, posts quotidiens et vidéos youtubesques à la chaîne toucherait-elle à sa fin… Car l’infobésité nous guette, lasse les audiences et épuise les producteurs de contenu en mal d’infos à diffuser. Le vieil adage des minimalistes : less is more semble être la tendance à la mode ces temps-ci.
C’est une alternative sérieuse que de publier moins, mais mieux, en assumant un rythme plus lent, mais attention, avec une exigence de contenu plus élevée.
Lever le pied pour donner du sens
Dans un monde où tout va vite, le mouvement slow ou slow life invite à prendre son temps. Après le slow food, le slow tourism, se low management voici venu le temps du slow content. Cette démarche propose de rompre avec la logique quasi industrielle des formats courts, faciles à produire et à consommer qui dominent les fils d’actualité. Le slow content privilégie des contenus plus longs, plus fouillés, bien sourcés, pensés pour aider, informer ou éclairer le lecteur plutôt que de simplement occuper l’espace.
En clair, on va mettre en ligne des articles de fond, des guides, des livres blancs, des comparatifs, des études de cas, des vidéos longues ou des webinars, à opposer aux stories, tweets et autres réels pour le moins éphémères. Ces contenus sont conçus pour rester pertinents sur le long terme.
Des bénéfices qui s’inscrivent dans la durée
Les arguments des défenseurs de la méthode sont solides. Publier moins souvent des contenus plus travaillés permet de sortir du lot dans un flux saturé. Ensuite, les formats longs et structurés sont un plus pour le référencement naturel.
Cette approche permet d’apporter des réponses complètes aux questions et aux problèmes des publics. C’est un signe d’expertise pour la marque émettrice et aussi de respect et d’empathie pour ses lecteurs. Enfin, en réduisant le nombre de prises de parole, le slow content révèle une démarche de sobriété numérique et permet de réduire la consommation de ressources**.
C’est pour le moins vertueux.
Faire moins et mieux c’est du travail…
Ralentir ne signifie pas travailler moins… bien au contraire. Produire un article, de fond, un guide pratique demande plus de temps et de compétences que de mitrailler une série de posts rapides. Même si les plateformes continuent de favoriser le volume, cela porte petit à petit ses fruits.
Adopter le slow content suppose de moins compter les posts et les impressions, suivre davantage le temps passé sur la lecture du sujet, les partages, la qualité des leads et l’impact sur la e-réputation.
Cette mutation est culturelle. Elle fait la part belle aux stratégies au long terme. Bien entendu, les formats courts et réactifs, comme le snack content, ont encore un bel avenir devant eux. Mais les afficionados du slow content, les marques premiums, matures et leaders sur leurs marchés, celles engagées sur l’écologie par exemple sont persuadés que de publier moins, mais beaucoup, beaucoup mieux est LA solution pour sortir de l’impasse de l’infobésité.
Conclusion : tendre vers une communication raisonnée, c’est raisonnable.
** Source : Food for thought on sobriety séminaire de l‘académie nationale des technologies de France
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